[ RFI ]Les T-shirts «afro» se vendent en ligne

Publié le : 18/08/2016 23:30:23
Catégories : Ils en parlent

[ RFI ]Les T-shirts «afro» se vendent en ligne

A travers le continent et dans la diaspora, des petites entreprises fabriquent des T-shirts «afro» qui rendent hommage aux grandes figures du passé. Ils s’appellent Mathurin Soubeiga à New York, Jacques de Kalakuta à Paris ou Stoned Cherrie à Johannesburg. Et ils n’ont pas oublié ces icônes africaines que sont devenus Lumumba, Fela ou Biko...

Un jeune Burkinabè basé à Brooklyn, Mathurin Soubeiga, et son ami français Renaud Lioult, installé à Dakar, ont lancé une marque de T-shirts « afro » inspirée : FangaWear, d’après un mot qui signifie « force » en dioula. Sur son logo, la petite entreprise annonce avoir été lancée en 2013 au « Brooklyna Faso ».

Ces deux passionnés, l’un de musique et l’autre de cinéma, vendent des pièces assez graphiques qui rendent hommage en anglais à Thomas Sankara sous le slogan « Seul le combat libère » (Only Struggle Liberates), au poète américain Gill Scott Heron (The Revolution Won’t Be Televised) ou à Fela qui proclame « La musique est une arme » (Music is a Weapon).

Renaud Lioult, qui a été l’un des réalisateurs en 2008 du documentaireFangafrika, la voix des sans-voixsur le rap ouest-africain, conçoit les visuels à Dakar. De son côté, Mathurin Soubeiga fait imprimer les T-shirts à New York, et anime la page Facebook sur laquelle les amateurs peuvent passer commande, à raison de 25 dollars l’unité.

Ce jeune burkinabè travaille par ailleurs à la programmation musicale de l’un des hauts-lieux de l’Afrique à Harlem, la salle de concerts The Shrine, hommage au « temple » qu’avait monté Fela à Lagos pour y lancer sa « République du Kalakuta ».

Passionnés d’afrobeat

A Paris, c’est un autre amateur d’afrobeat, Jacques de Kalakuta, qui a lancé en septembre 2015 la marque United Souls, pour porter à même la peau tout un héritage culturel ouvert sur l’Afrique et le monde. Ce jeune quadra ivoirien a grandi en France et passé son bac à Abidjan, où il a découvert sous la houlette d’un « père » diplomate un univers qui lui était resté jusque là inconnu : celui des références politiques et culturelles du continent.

De retour en France, où il est membre « d’une association de jeunes blancs qui aiment le genre musical highlife » dans le sillage du mouvement des diggers (des spécialistes qui cherchent des 33 tours de musique africaine de l’époque), il lance United Souls, pour éditer des T-shirts à l’effigie du grand scientifique sénégalais Cheikh Anta Diop, auteur de Nation nègre et culture, mais aussi de Patrice Lumumba, un des pères de l’indépendance du Congo-Kinshasa, de Thomas Sankara, Kwame Nkrumah ou encore de la chanteuse américaine Nina Simone, artiste engagée qui a vécu en Guinée.

Imprimés sur une gamme de coton biologique proposée par un fournisseur qui le fait fabriquer au Bangladesh, United Souls écoule ses T-shirts au prix de 29 euros. Son site Internet a recu 100 000 visites depuis son lancement en septembre. Au total, une centaine de pièces ont été vendues « à des gens ouverts sur le monde qui les entoure ou des Africains qui ont les moyens », précise Jacques de Kalakuta.

Son projet vise à lever des fonds via une campagne de crowdfunding sur Internet pour pouvoir constituer un stock plus important et satisfaire les commandes qui portent sur des lots. Pour l’instant, il lui est difficile de satisfaire les commandes en dehors de la France, le prix du transport vers l’Afrique s’élevant à la moitié du prix d’un T-shirt.

Suite de l'article : http://www.rfi.fr/hebdo/20160805-shirts-afros-vente-ligne-icones-africaines-diaspora

Produits associés

Partager ce contenu

/*