Kwame Krumah : un peuple, une nation, un continent

Publié le : 27/04/2017 14:04:18
Catégories : United Souls

Kwame Krumah : un peuple, une nation, un continent

Surnommé “le théoricien de la non-violence” Kwamé Nkrumah fait partie de cette génération de  grands hommes forgés à l’aune des peuples luttant pour leur indépendance. De ces hommes qui ont choisit de comprendre et théoriser les conditions de l’oppression afin d’y remédier. Il restera dans les mémoires comme un leader, qui s’il avait vécu plus longtemps aurait changé la vision du monde tel qu’on le conçoit aujourd’hui.

La vie de Kwamé Nkrumah se résume en un seul mot : panafricanisme. Un rêve, une vision  longtemps effleurée par les élites pensantes africaines, mais qu’il sera le seul à structurer et à théoriser dans une application concrète. De cette vie dédiée à l’unité du continent Africain, on retiendra le sommet d’Accra en 1958 où, pour la première fois, sont réunis les représentants de l’Afrique sub-saharienne et du Maghreb. Une image forte envoyée aux puissances impérialistes qui usaient de la division géographique comme arme de domination.

Premier représentant noir africain à poser de façon claire les ambitions du panafricanisme, il sera à l’origine d’ouvrages intemporels aujourd’hui encore reconnus pour leurs intelligences stratégiques. Kwame Nkrumah souhaitait démontrer qu’un développement autonome de l’Afrique était  possible, et qu’il fallait pour cela se déconnecter de l’économie mondiale détenue par les grandes puissances. Le panafricanisme était un changement du rapport de force, face à un bloc impérialiste, une façon de reconstruire la fierté africaine sans passer par la racialisation ou la violence.

Une fois président du Ghana, et premier à expérimenter ses théories, il amènera le pays à l’indépendance. Usant à la fois de l’appui des quartiers populaires et du patronat, il sera à l’origine d’une révolution sans violence, où, par le prisme de l’économie il permettra l’accès aux infrastructures et à l’éducation. Visionnaire au rythme effréné, il en oubliera les conditions réelles de l’Afrique et très vite sera rattrapé par la force des spéculations occidentales qui amèneront le pays au bord de la fracture sociale. La suite des années présidentielles de Kwame Nkrumah seront sujette à caution, d’aucun dénonceront par là une dérive mégalomane, d’autres diront que la déstabilisation du Ghana était l’un des signes précurseur d’un néo-colonialisme plus insidieux, à l’instar du président Amilcar Cabral qui dépeindra la situation en ces termes :

“L’État indépendant en Afrique doit être un mouvement de libération au pouvoir, ou il ne sera pas. Que l’on ne vienne pas nous affirmer que Nkrumah est mort d’un cancer de la gorge ou d’une quelconque maladie. Non, Nkrumah a été tué par le cancer de la trahison, dont nous devons extirper les racines en Afrique si nous voulons liquider définitivement la domination impérialiste. "

Nous retiendrons le combat d’un homme pour une Afrique fière, d’un homme qui a écrit ce livre monument “L’Afrique doit s’unir” comme une pierre fondatrice à l’Organisation de l’Union Africaine, un ouvrage où il est écrit que “Du Cap à Tanger ou au Caire, du Cap Guardafui aux îles du Cap-Vert, l’Afrique est une et indivisible”.

Pour ceux qui pensent comme Kwamé N’krumah qu’ils sont africains non pas parce qu’ils sont nés en afrique mais parce que l’afrique est né en eux, car bien au delà d’une couleur, au delà d’une histoire, nous sommes un et indivisibles, United Souls présente son design réalisé par Joy Hanoun qui porte haut les valeurs de l’humanisme et de la non-violence. Et bien sûr, restons fidèles à la tradition du mix musical en collaboration avec Bon Ton Roulay (membre de Kalakuta Productions et fondateur du magasin en ligne de vinyles “Soul Rhythms”), qui nous propose ici une sélection de morceaux ghanéens des années 70, issus de sa collection de vinyles (on y entend bien les craquement typique des galettes diggées en Afrique)  et essentiellement de style high-life, du plus doux au plus funky.

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